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Les 10 ordres de grandeur pour garder le cap du climat

Votre influenceuse préférée est un exemple concernant ses actions zéro-déchets à la maison ? Prend-elle l’avion tous les mois pour alimenter son blog de voyage et se dépayser ? Votre joueur de foot préféré fait-il des dons à des associations caritatives ? Est-ce qu’il se rend au Qatar pour la coupe du monde, malgré le désastre écologique de sa réalisation ? Est-ce que les conseils de notre ministre Agnès Pannier Runacher de limiter les pièces jointes dans nos mails sont réalistes ?


Il est temps de remettre les pendules à l’heure, comme l’a dit le GIEC dans son dernier rapport, il ne nous reste que 3 ans pour inverser la courbe des émissions. L’avantage avec les émissions de gaz à effet de serre, c’est que c’est du concret, c’est chiffré et donc assez simple de suivre leur évolution. A condition d’avoir les bons ordres de grandeur en tête.

Que ce soit lors de discussion au travail, de débat en famille ou de choix d’actions ayant le plus d’impact, ces 10 ordres de grandeur te seront d’une précieuse aide ! Car pour le climat, tout est une question d’ordre de grandeur !

Spoiler : un mail contenant une pièce jointe consomme 35g de CO2. Prêt à remettre les choses en perspective ?


1. L’empreinte carbone moyenne d’un français est de 9,9tonnes par an.

  • Transport : 26%

  • Alimentation : 23%

  • Logement : 19%

  • Consommation & Loisirs : 16%

  • Services publiques : 14% (pour mieux comprendre d’où viennent ces émissions, et comment les réduire, lis cet article de ton Bon Pote)

Pour comparaison, selon les données de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’empreinte carbone moyenne d’un être humain sur terre est de 4,372 tonnes de CO2 par an. Cette moyenne est très peu significative quand on regarde de plus près les disparités selon le développement des pays :


2. L’empreinte carbone de la France est estimée à 552 millions de tCO2eq en 2020.


NB : l’empreinte carbone d’un pays rassemble les émissions de gaz à effet de serre de la demande finale du pays concerné (consommation finale & investissements). Cela représente environ moins de 1% des émissions mondiales. Mais ⚠️ si l’on additionne les émissions des 200 pays qui émettent chacun moins de 1% des émissions mondiales, cela équivaut à la 2ème source d’émissions après un pays comme la Chine. Et la logique doit être de toute façon la même pour tous les pays : atteindre 2 tonnes d’empreinte carbone par personne dès les prochaines décennies pour espérer remplir les objectifs des Accords de Paris.

3. Le budget carbone d’un français pour contenir le réchauffement à +1.5°C est de 2 tonnes par an d’ici 2050.


Pour être sur une bonne trajectoire de diminution de son empreinte, il faudrait au moins diviser par 2 son empreinte actuelle (de 9,9 tonnes par an) d’ici 2030. On te dit comment faire ici avec les 8 actions individuelles les plus impactantes ! On vous conseille aussi d’aller voir ce que propose l’atelier 2 tonnes, un atelier immersif pour imaginer les pratiques compatibles avec un monde à 2 tonnes par personne par année.


4. Environ 20 millions de personnes par an migreront à l’intérieur de leur pays en raison de certains aléas climatiques (le GIEC l’a redit).


Les migrations climatiques sont des déplacements de population causés par des changements qui mènent les systèmes vitaux pour l’humain au-delà de leur capacité d'adaptation.


5. L’objectif de neutralité carbone doit être atteint en 2050 pour la plupart des pays (sauf pour la Finlande qui est bien plus exigeante par exemple).


Cet engagement est inscrit dans la loi Energie-Climat adoptée le 8 novembre 2019. Pour remplir cet objectif, la loi prévoit de diviser par 6 les émissions de gaz à effet de serre sur le territoire par rapport à 1990. Concrètement, cela suppose de réduire les émissions de la France à 80 MtCO2e. Pour rappel, la neutralité carbone est la situation dans laquelle les émissions anthropiques nettes de CO2 sont compensées à l'échelle de la planète par les éliminations anthropiques de CO2 au cours d'une période donnée.


"Une entreprise se disant neutre n’est pas forcément une entreprise dont les émissions baissent. Cet outil est trop souvent vu comme une manière de se défausser de ses propres obligations de réduction” Net Zero Initiative, Carbone 4

6. L’empreinte carbone des grandes banques françaises représente près de 8 fois les émissions de gaz à effet de serre de la France entière. (1)


Et oui, on ne dirait pas comme ça ? Pourtant, l’empreinte carbone des banques est colossale, c’est tout le problème du secteur financier : il est peu émetteur de GES en émissions directes (les bureaux de votre conseiller bancaire préféré par exemple) mais il est très émetteur quand il s’agit d’investir dans des entreprises très émissives. En prenant en compte les émissions directes et indirectes, une banque peut émettre plus d'émissions qu'un pays tout entier. C'est notamment le cas des deux plus grandes banques françaises (BNP Paribas et Société Générale) qui ont, chacune, une empreinte carbone deux fois supérieure à celle du territoire français tout entier (2).


7. Le mix énergétique français dépend à 45% des énergies fossiles. (3)


Le mix électrique français est très souvent mis en avant pour sa très faible empreinte carbone par rapport à la moyenne des pays développés : en effet la France bénéficie d’une électricité très peu carbonée composée à presque 70% d’énergie nucléaire. Ne parlons donc pas trop vite : la France est encore très dépendante du charbon, du pétrole, des déchets non renouvelables et du gaz naturel comme source d’énergie primaire.


8. Le secteur de l’aviation commerciale a représenté 5.1% de l’impact climatique entre 2000 et 2018.


Ce résultat significatif est pourtant donné par l’école d’ingénieur spécialisée en aéronautique, ISAE SUPAERO (4), en considérant l’ensemble des émissions de GES. Une autre étude de Stay Grounded (5) avance un chiffre encore plus élevé : les émissions de l’aviation représenteraient 5.9% du réchauffement climatique. Il serait temps de s’en occuper non ? Surtout quand l’on sait que 80% de la population mondiale n’est jamais monté dans un avion.


9. L’agriculture est responsable de 25% des émissions de gaz à effet de serre en France, plus que l’industrie, et ce essentiellement à cause de l’élevage.

A l’échelle mondiale, l’élevage représente 14.5% des émissions de gaz à effet de serre. La principale cause de cet impact collossal à l’échelle mondiale est la rumination du bétail qui émet du méthane, un gaz à effet de serre. Réduire sa consommation de viande diminuera donc drastiquement l’empreinte carbone individuelle…


10. La moyenne de température à la surface de la Terre a augmenté de 5 degrésC° depuis la dernière ère glaciaire.


Cela peut donner un petit aperçu concret des conséquences dramatiques si la température moyenne venait encore a augmenté ? Cela remet aussi en perspective la nécessité réelle de maintenire le réchauffement en deça de +1.5°C. Vous connaissez tous l’Âge de Glace, et bah voilà, personne ne sait exactement l’état du monde à +5°C tant le différentiel avec notre monde actuel serait élevé.

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Dans un monde qui se réchauffe de quelques degrés, disons 4 à 5 degrés d'ici à 2100, il y aurait à partir de 2070 entre 1,5 et 3 milliards d’humains sur terre qui devraient vivre dans des conditions qui sont plus chaudes que le Sahara actuel. Et il y aurait 1 milliard de personnes qui vivraient donc dans des zones dans lesquelles, à peu près tous les jours de l'année, les conditions extérieures seraient mortelles”. Jean-Marc Jancovici, ingénieur diplômé de Polytechnique et membre du Haut Conseil pour le Climat.

Infographie, devenue un symbole du réchauffement climatique Warming stripes, de Ed Hawkins, climatologue anglais


Une fois tout ça bien en tête, vous comprendrez mieux pourquoi ces 8 actions individuelles sont les plus impactantes pour réduire son empreinte carbone, et bien sûr pourquoi il est urgent de s’y mettre !


 

Sources :

(1) : Rapport Oxfam "Banques : des engagements climats à prendre au 4e degré" - **Octobre 2022

(2) : En 2018, les émissions de gaz à effet de serre de la France s’élevaient à 445 Mt de CO2 (Source : Ministère de la Transition écologique et solidaire )

  • BNP en 2017 : 433 Mt de CO2 (portefeuille de crédits aux entreprises) + 156 Mt de CO2 (crédits au secteur du pétrole et gaz) (source :

  • Société Générale en 2017 : 345 Mt de CO2 (portefeuille de crédits aux entreprises) + 151 Mt de CO2 (crédits au secteur du pétrole et gaz).

(Source : Page 31, annexe 2 Rapport Oxfam "Banques : des engagements climats à prendre au 4e degré" données fournies par Carbon4 Finance).

(3) : Bilan énergétique de la France, édition 2021

(4) : ISAE SUPAERO - Référentiel Aviation Climat

(5) : Stay Grounded - Info


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