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#1 Que sont-ils devenus ?

  • reboot116
  • 28 juil.
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 nov.

Article #1 Octave Kleynjans

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Pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore, peux-tu commencer par te présenter ?


Je m’appelle Octave Kleynjans, j’ai 27 ans et je travaille depuis 4 ans pour le Mouvement Impact France. J’ai eu la chance de faire partie de la première promo du bootcamp re.boot, début 2022.


J’ai eu une première prise de conscience sur l’écologie au lycée, lorsque l’on a étudié le lien entre croissance économique et développement durable : j’ai beaucoup lu pour me renseigner sur le sujet et savais que j’avais envie de travailler pour rendre l’économie plus durable. J’ai fait une prépa puis suis rentré à l’emlyon, où je me suis engagé dans l’association d’innovation sociale et environnementale de l’école (NOISE). C’était un premier pas dans le monde de l’entrepreneuriat. 


Pendant ces études, j’ai co-fondé le projet associatif “Velhome” avec l’objectif d’aider les cyclistes à garer leur vélo en sécurité chez d’autres particuliers du réseau. J’ai aussi eu l’opportunité de réaliser plusieurs stages. D’abord, dans la Direction RSE d’un grand groupe automobile où je faisais surtout du reporting RSE (Ecovadis, CDP). J’ai ensuite rejoint le Mouvement Impact France en tant que bras droit de la Directrice Générale, où j’ai participé à lancer un nouveau projet : l’Impact Score (sur lequel je travaille toujours aujourd’hui). Enfin, j’ai eu une expérience en tant qu’analyste VC impact chez Alter Equity. C’était une très bonne expérience pour gagner en maturité business, pour mieux comprendre l'écosystème des start ups et fonds d'investissement à impact.


Où en étais-tu dans ton parcours, au moment de rejoindre la 1ère promo du bootcamp ? Quels ont été les moments qui t’ont le plus marqué ?


J’avais déjà un fort intérêt pour le développement durable et pour l’entrepreneuriat, mais n’avais reçu aucune formation à la finance durable en école de commerce. A la fin de mes études, je me suis intéressé aux sujets financiers : j’avais besoin de monter en compétences et de rencontrer d’autres jeunes qui s'intéressent à ces sujets. J’ai alors entendu parler de re.boot grâce au bouche à oreille. 


C’était super de se rassembler à l’Académie du Climat, au lancement du lieu. J’ai adoré la convivialité du bootcamp, qui permet de créer du lien. J’étais très fier de faire partie du bootcamp, de ce collectif, car à l’époque on entendait parler de Baby VC mais il y avait besoin de créer un modèle similaire pour la finance durable. Cela permettait de couvrir des thématiques très variées, de voir des acteurs différents pendant les 8 sessions.

 

Re.boot m’a permis de mettre un pied plus important dans la finance à impact, de mieux comprendre les pratiques, d’avoir des retours d’expérience de participants et d’intervenants, d’étudier l’analyse ESG et le cadre réglementaire. Une session m’a particulièrement marquée, celle où l’on a décrypté l’Article 29 de la Loi Énergie Climat et tout l’aspect réglementaire de la finance durable (taxonomie, SFDR). Elle m’a été très utile par la suite, car ce sont des sujets que je dois maîtriser aujourd’hui dans le cadre de mes missions. 


Même si je ne travaille pas dans une société de gestion aujourd’hui, la meilleure compréhension de la finance durable dans sa globalité m’a grandement aidé, notamment dans la construction de l’Impact Score, pour rendre cet outil adapté aux besoins des sociétés de gestion et pour faciliter une meilleure collecte de données ESG et impact.  

 

Après le bootcamp, j’ai pu participer aux conférences et afterworks organisés pour rassembler les alumnis. J’avais participé à la conférence avec Julien Lefournier qui m’avait marqué : je ne le connaissais pas à l’époque, il avait des arguments très intéressants et un regard critique à l’égard de la finance durable qui dénote dans l’écosystème.


Peux-tu nous expliquer la suite de ton parcours, post bootcamp ? Quel est ton poste actuel ? Peux-tu nous décrire tes missions ?


Au moment du bootcamp, mon retour au Mouvement Impact France était déjà prévu. Re.boot m’a aidé dans mes missions quand j’avais besoin d'insights pour pouvoir m’appuyer sur des personnes de confiance.

 

Je travaille depuis 3 ans au Mouvement Impact France, au sein duquel je suis directeur de l’Impact Lab. 


Le Mouvement Impact France est l'organisation patronale qui rassemble 30 000 entreprises engagées dans la transition écologique et sociale. Nous avons 3 principales activités :

  • Fédérer l'écosystème des entrepreneurs qui s’engagent (événements, temps de rencontre) ; 

  • Faire du plaidoyer pour faire évoluer le contexte réglementaire : nous faisons des propositions par secteur d’activité, à l’échelle régionale (auprès d’élus locaux), à l’échelle nationale (auprès de ministres, députés, sénateurs) et à l’échelle européenne (auprès de députés européens, instances comme l’EFRAG - n.d.l.r : Groupe consultatif européen sur l'information financière). 

    • Par exemple, le Mouvement Impact France a été très actif récemment autour de la Loi fast fashion et a beaucoup œuvré en faveur d’une sorte de bonus / malus. Nous avons rédigé beaucoup d’amendements, ensuite soumis à des députés de tout parti politique. 

  • Faire progresser les entreprises au sein de l’Impact Lab : notre mission est de leur apporter des outils, du contenu et des ressources pour les aider à s’engager davantage. 


Nous avons par exemple fait le constat qu’il y avait une multiplication de référentiels, que cela prenait beaucoup de temps aux entreprises de répondre à différents questionnaires ESG et Impact. J’ai participé à la création de l’Impact Score, en mettant les plus grands référentiels (B corp, AFNOR, Ecovadis, Agence Lucie, Positive Company) autour de la table pour définir les indicateurs les plus pertinents et proposer un référentiel commun. 


L’Impact Lab a également créé une coalition avec des incubateurs (Pulse, La Ruche, Makesense, Ticket For Change et INCO) pour diffuser des bonnes pratiques et accompagner les structures d’accompagnement sur des sujets d’impact social et écologique. Nous avons formé +100 incubateurs et cabinets conseil et avons créé une communauté apprenante « Impact Lab Academy » dédiée aux acteurs d’accompagnements, qui reçoivent des formations de la part des membres de la coalition. Les incubateurs peuvent par exemple être accompagnés dans la mesure d’impact, formé sur la gouvernance partagée / le partage de la valeur, ou pour créer un programme d’accompagnement dédié à impact. Tous les incubateurs de la Ville de Paris ont été formés. 


J’ai toujours pu compter sur les alumnis re.boot, qui prenaient le temps d’échanger et ont pu m’apporter des éléments utiles sur le marché, sur le fonctionnement de certaines organisations sur la mesure d’impact par exemple. J’échange toujours de manière régulière avec certains alumnis aujourd’hui. Grâce au parcours bootcamp, j’ai également découvert différents métiers de la finance durable : je connaissais moins le fonctionnement des fonds de fonds par exemple, et avais besoin d’apprendre de professionnels pour pouvoir animer à mon tour des communautés de professionnels. J’aimerais partager davantage avec les alumnis re.boot, passer du temps avec les nouvelles promo (sûrement plus juniors en finance durable).


Quelle est ta vision de la finance durable aujourd’hui ?


C’est assez positif de voir qu’un certain nombre de sociétés de gestion qui ne se disent pas “à impact” se sont tout de même emparées des référentiels européens. De nombreux fonds ont créé un poste de Head of ESG dédié au suivi des indicateurs extra financiers. C’est un bon début, même s’il reste encore beaucoup à faire pour que les critères extra financiers soient davantage pondérés dans la décision d’investissement. 


J’observe que l’écosystème des fonds impact grandit vite : j’avais réalisé le mapping des fonds à impact pendant mon stage à l’été 2021, et celui-ci recensait 60 fonds impact. A la mise à jour à l’été 2024, en l'espace de 3 ans, on était passé à 130 fonds.


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Beaucoup de sociétés de gestion ont été créées, les montants sous gestion orientés vers des entreprises à impact continuent d’augmenter, c’est très positif. Le secteur s’est pas mal structuré sur les tickets >3m€, avec des acteurs tech comme Partech ou Daphni qui se sont positionnés. Les entreprises à impact sont elles aussi de plus en plus nombreuses à passer à l’échelle. On en retrouve beaucoup dans l’indice Impact 40/120, qui parviennent à lever en en séries B ou C. On manque encore de sociétés de gestion sur le pre seed / seed, heureusement beaucoup de business angels se sont positionnés sur ces tours de table. 

 

Il y a eu une tendance intéressante d’émergence de quelques fonds orientés sur la transformation des entreprises : Yotta était intervenu pendant le bootcamp, je me suis aperçu qu’on pouvait avoir un gros impact sans pour autant financer des entreprises pure players impact. D’autres acteurs comme Argus Wityu ont cette intention de transformer les entreprises de l’intérieur, en les accompagnant sur des trajectoires de décarbonation. Lita a aussi lancé une activité de financement d’entreprises « en transition ». On a besoin de plus de financeurs de la transition, d’actionnaires avec un engagement actionnarial fort.


Quels conseils donnerais-tu aux étudiants / jeunes actifs souhaitant se lancer dans la finance durable ?


Je leur recommande de participer au bootcamp re.boot, d’aller autant que possible à des événements (ChangeNow, UED), de suivre le MOOC de l’ESSEC sur la finance à impact, pour développer leurs connaissances. 


Faire de la veille sur les sujets de finance durable permet de bien comprendre les différents acteurs de l'écosystème et d’anticiper la recherche de travail plus sereinement. Vous pouvez suivre l’actualité, des newsletters spécialisées ou des comptes LinkedIn traitant de ces sujets comme la fresque de la finance.

Il ne faut pas attendre d’être en phase de recherche pour travailler son réseau : contactez des juniors, des alumnis re.boot pour voir comment cela se passe en interne, ils seront très pédagogues. Profitez de travaux de groupe ou de votre mémoire par exemple, pour solliciter des personnes du secteur. 

 

Je les encourage à faire autant de stages que possible : travailler en fonds est très formateur, permet de monter en compétences (analyse financière), et c’est le moyen le plus simple pour rentrer en fonds. C’est une très bonne école pour travailler par la suite en finance durable. Ces stages en fonds sont plus accessibles en deuxième partie de césure (P2) ou en fin d’études.


 
 
 

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