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#2 Que sont-ils devenus ?

  • reboot116
  • il y a 4 jours
  • 6 min de lecture

Article #2 Héloïse Broncard 


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Pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore, peux-tu commencer par te présenter ?


Moi c’est Héloise Broncard, je suis l’une des cofondatrices de re.boot.


Je travaille actuellement chez SWEN Capital Partners, une structure d’investissement engagée avec 9 milliards d’€ d’actifs sous gestion. Au sein de l’équipe SWIFT, je suis investisseuse infra dans un fonds spécialisé bio méthane et gaz vert. 



Où en étais-tu dans ton parcours, au moment de créer re.boot ? Quels ont été les moments qui t’ont le plus marqué ?

 

A ce moment-là en 2022, je finissais mon master à l’ESCP et j’étais en stage en tant qu’analyste ESG chez Demeter, un fonds d’investissement qui faisait du Venture Capital, de l’infra, du Private Equity. C’était un bon momentum pour moi, à ce moment-là, de me lancer dans cette aventure, presque “entrepreneuriale” et collective. 


J’avais d’abord échangé avec Melchior, l’idée était de regrouper les étudiants en finance durable, de créer une formation. On a ensuite discuté du projet avec Clara et Etienne. Après ⅘ mois de travail, on avait créé le 1er bootcamp.  


Après un semestre en Finlande, je suis retournée à Paris et j’ai commencé mon stage de fin d’études chez Time 2 Act : c’était le lancement de ce fonds d’investissement, spécialisé dans la transition énergétique et l’infra au démarrage. 


J’ai ensuite rejoint l’équipe SWIFT chez SWEN Capital, au poste que j’occupe actuellement. 

 

Qu’est ce qui t’a le plus plu dans le projet de création de l’association ?  


Au moment de la création de re.boot en 2022, il y avait des associations sur la finance “classique”, ou des associations environnementales, mais pas forcément de mix entre les deux. Je ne retrouvais pas d’association avec ces deux facettes, au cœur de la finance durable.

C’était très itératif comme projet, on avait pleins d’idées mais ne savions pas encore si nous voulions faire un bootcamp de formation, des conférences… Au fil des discussions, on a fait des essais, et avons progressivement structuré le format du bootcamp. On a ensuite essayé de faire un bootcamp en ligne, mais le distanciel avait ses limites pour réunir des jeunes autour de ces sujets. 


J’ai aimé créer une communauté ouverte, qui ne soit pas affiliée à une seule école, pour fédérer des personnes engagées autour de ces sujets qui étaient encore assez niches. 


Quels ont été les moments les plus marquants du 1er bootcamp ? Qu’est ce que cela a pu t’apporter ? 


La dernière session du premier bootcamp a été très marquante pour moi : on s’est rendu compte qu’un esprit de promo s’était vraiment créé entre les participants. On a aussi pu faire un week-end avec les autres cofondateurs qui ont créé des liens forts. La communication était très simple et naturelle, avec beaucoup de thématiques / intérêts communs. 


Le bootcamp m’a beaucoup apporté en termes de réseau, j’ai pu parler à des personnes plus avancées dans leurs réflexions et vies professionnelles. Cela m’a donné plein d’idées d’entreprises, de fonds, d'associations, d’avoir un panorama très large des opportunités en finance durable. Grâce aux intervenants, que je trouvais très inspirants, le bootcamp apportait beaucoup de proximité avec le monde du travail, ce qui est assez rare quand on est étudiant. Cela permet d’ancrer dans le réel la réalité du métier, de désacraliser pleins de choses et d’ouvrir les champs des possibles. 


J’étais plutôt dans l’ESG à l’époque: le bootcamp m’a permis d’envisager d’aller plutôt vers des métiers dans l’investissement, en rencontrant des personnes de mon âge qui faisaient ça. J’ai aussi pu rencontrer des personnes qui travaillaient dans la transition énergétique. 


Peux-tu nous expliquer le modèle économique d’un fonds d’investissement ? 


Les fonds d’investissement ont tous un objectif de rendement cible (NDLA: ce rendement cible varie en fonction des fonds), pour rémunérer leurs investisseurs (“Limited Partners” ou “LPs”) qui apportent du capital. 


Dans l’ordre chronologique: 

  1. Le fonds va élaborer sa stratégie d’investissement : taille des tickets d’investissement, géographiques, thématiques visées, nombre d’investissements….

  2. Pendant une période d’investissement (2-3 ans), le fonds va investir l’argent levé auprès des investisseurs (“LPs”) en investissant dans une entreprise. 

  3. Puis, pendant la durée de vie du fonds, l’équipe va gérer les entreprises du portefeuille, en fonction des besoins des entreprises. 

  4. Vers la fin de la vie d’un fonds, il va y avoir une période de désinvestissement (aussi appelé “l’exit”) ou le fonds va revendre ses entreprises, avec comme objectif de maximiser la valeur qui revient au fonds. En infra, on peut en général revendre (i) la totalité de l’entreprise (ii) ou bien vendre 1 seul site (sans vendre l’entreprise qui gère ce site). Ce sont souvent des processus intermédiés, ou des boutiques / banques M&A vont chercher des potentiels acquéreurs. C’est un long travail, qui prend en général entre 6 mois et 1 an. 

    1. Il y a une phase d’approche du marché (envoi d’un teaser, IM, business plan) ; 

    2. Puis les acteurs intéressés remettent un NBO avec indicateur de prix ; 

    3. Ils lancent des due diligences avant de proposer une “binding offer” (offre ferme) avec prix déterminé. 

    4. En fonction des potentiels acheteurs, le vendeur peut choisir l’acteur. 

    5. Puis, on rentre dans une phase de contractualisation juridique, pour déterminer les clauses principales de la vente. 


Peux-tu nous décrire tes missions, en tant qu’investisseuse infra  ? 

      

Je suis analyste infra dans l’équipe SWIFT de SWEN Capital Partners. Mon équipe peut investir dans des développeurs de projets (entreprises) ainsi que dans des actifs. 


Concrètement, on investi dans des développeurs de : 

  • Bio-méthane (un gaz 100% renouvelable) ; 

  • Hydrogène (H2), qui est en particulier utilisé dans les processus industriels qui ne peuvent pas être électrifié, on parle d’émissions qui sont “hard to abate”

  • E-fuel / eSAF.

Ce sont des domaines très intéressants car complexes. Mon métier, c’est de regarder et d’instruire des opportunités d’investissement (1). Puis, je suis les entreprises en portefeuille sur des sujets très opérationnels (2) jusqu’au processus de désinvestissement (3).  


En termes d’outils financiers, on utilise aussi une palette variée d’instruments. En plus de l’investissement en equity, on peut faire de la levée de dettes pour financer les sites ou des développeurs. 


Il faut aussi bien : 

  • Analyser les besoins financiers de chaque business units et site. On peut travailler sur la priorisation de certains sites existants ou du pipeline (pour optimiser la stratégie) ; 

  • Accompagner la société sur des sujets RH (recrutements, augmentation des salaires) ; 

  • Aider la société à se structurer (mettre en place des process, suivre ce qu’elle a inscrit dans son Pacte, l’accompagner pour sortir des informations de reportings) ; 

  • Il faut s’assurer de bien comprendre les contrats, la réglementation du domaine de l’énergie (qui est un enjeu clé) ; 

  • Il faut aussi réfléchir à une stratégie de vente pour préparer au mieux l’exit : quelle est l’histoire que l’on veut raconter, savoir si le management reste au sein du navire, les hypothèses que l’on prend sur les années futures. 

 

Quelle est ta vision de la finance durable aujourd’hui ? 

 

La finance durable est assez large, cela regroupe beaucoup de choses différentes - de l’asset management, du private equity, la réglementation... Ce qui est important, c’est de comprendre les enjeux. Ce que j’aime dans mon métier, c’est que même si c’est parfois compliqué de quantifier exactement notre impact, le fait de prendre du risque sur ces sujets, de diriger des flux dans des sites d’H2 / bio méthane, fait bouger la filière. Cela permet d’accompagner beaucoup d’acteurs. 


Investir dans des industries où les investisseurs / banques sont plus compliqués à attirer, c’est très stimulant. C’est moins simple à mettre en avant, mais je trouve bien que certaines entreprises le fassent. 


Quels conseils donnerais-tu aux étudiants / jeunes actifs souhaitant se lancer dans la finance durable ?

Déjà, s’intéresser à la finance durable et assister à un bootcamp ou à des conférences montrent une curiosité. 


Je les encourage d’abord à essayer plusieurs métiers en stage pendant leurs études, car cela permet de tester. Il y a pleins de métiers intéressants, et avoir des parcours riches de plusieurs expériences permet d’essayer avant de se lancer. Il n’y a pas de chemin “parfait”, on peut tirer du positif de toutes les expériences que l’on fait car cela permet d’acquérir des compétences qui seront valorisées. 


Aussi, il est parfois difficile de trouver du travail en sortie d’école - ça ne sert à rien de trop sacraliser le 1er job après le diplôme. On peut itérer avant de trouver son travail idéal. Ce n’est pas grave de changer d’avis, de tester des choses différentes. 


Quel est ton lien avec re.boot aujourd’hui ? 


Je suis bien sûr toujours en relation avec les membres re.boot, j’ai toujours plaisir à échanger avec les bénévoles, à assister aux afterworks. On a toujours des moments d’échange très cools, avec des personnes engagées à tous les niveaux.


Je trouve que vous faites du super travail, je suis contente qu’il y ait toujours autant de personnes qui donnent de leur temps pour faire vivre l’association. 


 
 
 

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