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  • reboot116

VC à impact vs VC classique : quelles différences ?

Dernière mise à jour : 19 juin 2023

Est-ce que les fonds à impact apportent une réelle plus-value différenciante par rapport aux fonds de venture capital classiques ?



À l’origine de ce sujet, on retrouve plusieurs discussions avec des personnes de mon entourage et des entrepreneurs, au sujet de l’impact-washing dans l’impact investing. Je me suis rendu compte qu’il y avait une large part d’interprétation et que différentes visions de l’investissement à impact coexistaient en France.


Alors que de plus en plus de fonds de VC s’orientent vers ce segment, je voulais aussi identifier les fonds les plus engagés à mon sens et proposer des axes d’améliorations à partir des meilleures pratiques que j’aurais pu identifier.



Je vous livre en résumé mon rapport d’apprentissage que vous pourrez retrouver à la fin de cet article.


I. La plus-value des fonds à impact réside dans leur intention, leur additionnalité et la mesure de l’impact de leur portefeuille


(1) L’intentionnalité, (2) l’additionnalité (3) et la mesurabilité forment ensemble le triptyque qui permet de définir l’impact investing selon France Invest.


L’intention car les VC à impact cherchent des entreprises dont les dirigeants veulent répondre à un problème social ou environnemental, en même temps qu’ils ont identifié un besoin client. Exemple : Yuka.


Ensuite, l’additionnalité des fonds à impact est un élément clé. Pour faire simple, ils contribuent à l’impact des entreprises dans lesquels ils investissent par 3 leviers :

  1. En finançant des startups qui ne rentrent pas dans la grande majorité des thèses d’investissement des fonds de VC

  2. En étant les garants du suivi de l’impact dans la gouvernance

  3. En visant une rentabilité moindre qu’un fonds de VC car ils donnent de la valeur à la performance extra-financière qui viendrait compenser un déficit de performance financière


Enfin, la mesure de l’impact qui est née avec l’impact investing, l’objectif étant de quantifier la contribution positive d’une entreprise sur la société et l’environnement. Elle est d’autant plus importante que certains fonds à impact ont indexé leur carried interest sur la performance d’impact de leur portefeuille. Résultat : plus le portefeuille délivre de la performance extra-financière, mieux l’équipe de gestion est rémunérée.



II. Mais cette différenciation a des limites : la place à l’interprétation, l’arrivée des fonds de VC dans l’impact investing et la question de la gouvernance


Les fonds à impact sont des fonds d’investissements avec des équipes de gestion qui ont des logiques d’investisseurs et dont la réelle valeur ajoutée est l’apport de capitaux. Alors quand de plus en plus de fonds de VC se mettent à l’impact investing, les limites sont floues.


Back Market, Ynsect ou BlaBlaCar sont-elles des entreprises à impact ? Il y a de la place pour le débat et il en est de même pour les participations des fonds à impact. Avec le temps, les pivots des entreprises et le regard de chacun, certains fonds semblent plus “impact first” ou “finance first”.

La place pour l’interprétation est encore plus grande lorsqu’il s’agit de la mesure d’impact : il est plus aisé de compter le chiffre d’affaires plutôt que le scope 3 des émissions de gaz à effet de serre d’une entreprise ou l’amélioration de la lecture d’enfants dyslexiques.


Au delà de ces problèmes d'interprétation, les limites de l’impact investing sont identifiables dans 2 autres situations :

  • lors des difficultés financières

  • lors de la revente des parts (qui préférer entre un fonds plus gros ou un corporate ?): à ce moment, l’enjeu est de pérenniser la mission de l’entreprise


Alors pourquoi se différencier ? Car l’ampleur des enjeux sociaux et environnementaux continue de grandir.



III. Comment aller plus loin dans l’impact investing


D’abord en positionnant les fonds à impact comme pionniers de la réglementation européenne : si ils parviennent à prouver qu’ils ont un meilleur alignement à la Taxonomie que les fonds de VC, cela serait un marqueur intéressant.


Ensuite en systématisant certaines pratiques : inclure l'impact dans les termes juridiques (dans les terms sheets), dans la rémunération de l’équipe de gestion, dans le suivi des participations (roadmap impact) et dans le statut même du fonds et de ses participations (entreprise à mission).


Ils peuvent aussi s’inspirer de projets hybrides comme 2050 (pas d’actionnaires, financements de communs), Time for the planet (basé sur la science, open source) ou à l’étranger comme Norrsken VC (en matière de transparence).



Oui l’impact investing a des limites, mais il reste de la “vraie” finance verte comme le décrivent Alain Grandjean et Julien Lefournier dans leur livre. Et les enjeux n’ont pas fini d’augmenter de taille, c’est pourquoi il y a besoin d’encore plus de capitaux et de différenciation devant l’accumulation de sujets urgents qu’il y a à traiter.


Pour lire le rapport et découvrir ma sélection des fonds les plus engagés, c’est par ici !

Article écrit par Melchior Mesnard, analyste dans le fonds MAIF Impact et co-fondateur de re.boot


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